samedi 9 décembre 2017

A mes deux enfants d’hier

De grands yeux bleus pénétrants, une petite barbe blonde d’adolescent
Aux urgences au cœur de la nuit pour pleurer son enfance
Emiettée par l’idée d’un père et la réalité d’une absence qui ne répond à aucune des avances

D’un enfant sexuellement abusé par le frère de celui qui devait remplacer le père trop occupé
Pour répondre à l'appel de celui qui ne lui a pas demandé d'exister

Elle avait la douceur des enfants couleur miel
Et le sourire résigné de celle qui ne sait plus
Comment oublier qu’à 7 ans elle appelait les urgences pour s’occuper d’une maman
Qui devant elle décidait de mourir avec des médicaments

Nos deux petits dans la nuit
Un des deux, parent à son tour aujourd’hui

Ne sachant comment exprimer la douleur d’un hurlement étouffé
Par une société où on ne peut plus crier, plus pleurer, plus complètement souffrir donc jamais vraiment s’aimer
Alors on va se droguer

Pour accepter les yeux de parents, de « spécialistes », d’ « aidants »
Qui ont normalisé l’abus, la souffrance, la lâcheté, l’indifférence que vivent
Nos enfants

Au nom d’une tranquillité, d’un « comportement », d’une envie de « pas de dérangement »

Le début d’un anéantissement

Chaque fois que nous fermons des yeux qui s’ouvrent
Nous tuons tout ce pour quoi nous vivons vraiment 

vendredi 8 décembre 2017

Le coeur qui bât

Parfois je te parle sans en avoir envie
Parce que j’ai peur que sinon tu ou je souffre de nous savoir désunis
Mais la vraie désunion est celle de ne pas assez aimer
Pour être vrai dans sa frustration, son égoïsme, son inimitié
Nous ne nous touchons vraiment que lorsque l’échange est profond
Et non dans les fuites si précieuses à tes yeux qui aux miens ne font que sucrer 
La pourriture rongeant le dedans de corps abimés
De fausseté, de peur, de mensonge, de manque d'amitié
Le seul cœur qui batte vraiment est celui de la passion
Elle ne ment jamais vivante, morte ou en gestation
Quelque soit la confusion et la myriade de questions

jeudi 7 décembre 2017

A Orelsan, merci

Merci pour "notes pour trop tard", pour le baume sur le cœur d'une jeunesse finalement pas si endormie,
Merci pour les larmes versées pour "paradis"
Trop d'émotion, je vais un peu marcher
Bouleversée par la beauté de la vie qui dit ce qu'elle est

samedi 2 décembre 2017

Most of our lives are lived as thought

Biology as we understand it can exist without thought.

Yet no thought exists without biology,
Therefore when biology "thinks", that's what a thought actually is. 

Therefore, most of our lives
Are lived as thought.



vendredi 1 décembre 2017

La communauté dorée d’Afrique

Elle apporte avec elle la compréhension rudimentaire d’un monde
Que le continent suit, sans trop savoir où il va
Epaté comme ses ancêtres par les miroirs les pistolets et les eaux parfumées
Une santé nous dit-on, une facilité viendra

Et en leur nom sacrifiant ses enfants
Sous l’échine de dos secs et brillants au soleil
Dirigés par ceux qui parlent avec l’accent d’ « origine »

Brûlés sous le même soleil
De la croyance d’une supériorité d’ « origine »
Menant tout droit aux miroirs, aux armes et aux étoffes de soie

Un chemin confus, un « développement » entrevu
Une croyance justifiant que des gens sans talents
En commandent d’autres en leur criant « fainéant »!

Tout en se mourant de l’ennui d’une vie si facile qu’on en perd le cœur, ou du moins son battement
En remplissant une vie de jeux, de fuites, de divertissements

Un ennui d’ « origine »
Issu d’une distance d’ « origine »
Celle qui ne sait vivre qu’en faisant semblant

lundi 27 novembre 2017

Le joueur de rôles

S'agit-il finalement de cela,
D'une imitation de rôles
Vus en pensée
Défilé sans arrêt d'images 
Devant le regard fixe
De la biologie regardant sa télé?

Une biologie éblouie
Par l'énergie mouvante des émotions 
D'adhésion ou de refus 
De rôles tous finalement déjà vécus

Où les proches ou ceux que l'on va chercher
Ne servent au fond vraiment 
Qu'à jouer le rôle commandé par l'émotion qui dans le temps demande à se réaliser

Le chef ne se sentant chef que devant ses subordonnés
Le sentiment de maternité devant son nouveau-né
Le nationaliste, le "membre de ", ne pouvant exister que dans un monde découpé

Demander à nos enfants d'avoir des "projets"
Equivaut à leur demander de regarder la télé puis d'imiter le rôle dicté par le passé
Personnel ou collectif d'une humanité
Qui sait regarder futur et passé
Mais qui sans imiter ne sait presque plus voir la réalité
D'un cœur qui bat vraiment
D'un cœur  qui ne bat plus 
D'une vie vraiment vécue
D'une vie perdue