samedi 19 août 2017

Les contradictions au cœur de la médecine

La sélection

La sélection des étudiants en médecine se fait usuellement sur une « capacité » à avoir les « meilleures notes ». « Meilleur » indique souvent une compétition, toujours une comparaison. Les « notes » dont-il s’agit sont le plus souvent celles académiques avec, au cœur de cette « capacité » académique, une aise avec la théorie et avec la mémorisation.

Un médecin doit-il être quelqu’un qui se compare et entre en compétition avec les autres ? Un médecin doit-il être wikipedia ou google, dont nous disposons déjà ? L’être humain est-il une théorie ? 

La peur

Nous n’avons pas besoin d’avoir étudié adrénaline et cortisol pour observer que la peur nous rend rigides, fait battre nos cœur à mille, nous coupe le souffle, concentre toutes les énergies vitales. Serions nous donc surpris de voir que le système immunitaire, les artères de nos corps, la clarté de vision de nos yeux biologiques et psychologiques….soient affectés par la peur ?
Quand n’avons-nous pas peur ?
Aurait-on peur si nous ne voulions absolument rien ?
Je ne parle de avoir « besoin de »  - lorsque nous avons « besoin de »  ne le cherchons nous pas et puis c’est tout ?
La peur n’est-elle pas liée à un désir « je vais bien mais j’ai peur d’aller mal » ou bien « je ne vais pas bien mais j’ai peur de ne jamais aller mieux ... ou d'aller pire».
Le besoin est du présent. Le désir, senti dans le présent, n’est il pas une projection dans le futur ?
Le médecin vu comme celui qui nous éloigne de la mort et nous enlève la douleur a tout aussi peur de ne pas y réussir que vous. 

Le symptôme plus important que la cause

La majorité des médicaments qui existent agissent sur des mécanismes du corps humain tout à fait sains. Les récepteurs à la sérotonine de la personne en dépression sont-ils dysfonctionnels ? L’hypertendu a-t-il un dérèglement de ses canaux calcium ? Pas du tout. Nous obtenons des résultats, au prix de déranger des mécanismes tout à fait sains. 
Ceci est compréhensible en situation d’urgence aigue – les récepteurs béta des bronches de l’asthmatiques n’ont aucun problème mais il ne respire plus, on y va ! Mais de là à donner des médicaments qui agissent de manière symptomatique (ça marche !) mais non causale (la cause première du problème n’est pas adressée par le médicament) toute une vie parfois….c’est de la folie.
Nous avons accepté ceci au nom de la peur de la souffrance, au nom de la peur de la mort.
Nous avons aussi accepté ceci parce que nous ne connaissons pas la cause de la majorité des pathologies et que nous attendons de la science qu’elle nous trouve ces causes.
Combien de fois avez-vous demandé à un médecin « pourquoi j’ai ceci » « pourquoi j’ai cela » et la réponse était « une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux » ou bien , plus honnêtement « je ne sais pas ». Lorsque nous « savons » quelle bactérie est responsable de votre infection , savons nous pourquoi elle vous affecte vous, en ce moment, et pas hier et pas la personne qui partage votre vie ?
Nous attendons de la science des réponses, nous les attendons depuis très longtemps. Elle nous en donne quelques unes, mais qu’étudie-t-elle ? La science, en médecine, étudie vous , et moi. Elle étudie l’humain. Vous étudiez vous ? Le médecin s’étudie-t-il ?
Comment « étudier » quelque chose ? Cela ne nécessite-il pas une attention, une délicate patience, une profonde affection, finalement de l’amour ? Étudier en dépeçant, en coupant en mille morceaux, en tuant, permet de comprendre les morceaux d’un mort. Un être vivant est-il la somme de morceaux morts ?

Le temps et l’argent

Aucune médecine ne se fait dans le temps. Lorsque vous êtes intéressé à quelque chose, le temps existe-il ?
Pour « gagner du temps », nous vous consultons de plus en plus rapidement, ou plus du tout – nous vous parlons au téléphone et parfois même, plus cela. Ecrivez nous un email, c’est tout aussi bien. De « pensée » à « pensée », de « software » à « software » nous « parlons » de cœurs qui battent sans en avoir presque plus un, nous-mêmes peut-être. 

Avons-nous « besoin » du médecin ?

Lorsqu’on ne respire presque plus, lorsque la douleur risque de nous faire perdre connaissance, lorsque nous saignons tellement que la vie s’enfuie….le « besoin » de vivre peut-être « demande » le médecin.
Et puis peut-être que cette presque-fin de respiration, cette infection abdominale, cette hémorragie…exprime-t-elle dramatiquement, fortement, sans appel, quelque chose qui s’exprimait timidement, gentiment…avant.
Il y a peut-être deux médecines. Une des urgences, à l’hôpital, celle de « il va mourir si on ne fait rien maintenant ». Celle du traitement du paludisme, celle qui « résout le problème immédiat ». Et puis il y a celle de la patience, de s’intéresser à pourquoi ton corps était affaiblit et donc tu as moins résisté que d’habitude.
Dans la médecine qui n’est pas celle de l’urgence il ne s’agit pas de « prévenir », il s’agit d’écouter.
Lorsque l’on se tient la main, on se sent peut-être plus de courage pour se regarder vraiment, profondément, sans jugement.
Je peux vous dire ce que la science m’a appris, cela pourra peut-être nous aider. Surtout si nous mettons tous les mots latins compliqués de côtés – ils disent ce que vous me dites vous d’une manière jugée « savante » pour donner de l’importance au « savoir ». Mais votre histoire, c’est à vous de la voir et de me la raconter. C’est à moi de vous regarder, de me regarder aussi, de nous écouter.
Dans la peur nous n’y verrons jamais clair tous les deux.
Le symptôme doit être vu comme tel et nous intéresser pour ce qu’il exprime. La cause du ou des symptômes reste ce qui nous intéresse le plus profondément. Parce que si l’on a mal, il y a une cause. Et si l’on empêche à la douleur de s’exprimer, on a tué une partie de notre vie qui demandait attention. Elle continuera, elle, de demander attention, elle trouvera juste un autre moyen délicat de l’exprimer. Le mal de dos devient un mal d’épaule, l’allergie autour des lèvres devient une urticaire, le nodule au sein devient un fibrome utérin.
Et l’attention, n’est-ce pas une forme d’amour ?
Et puis enfin il y a comprendre qu’il n’y a pas « psychologue » et « médecin », « corps » et « esprit ».  Lorsque l’on a honte nos vaisseaux sanguins se dilatent au niveau du visage – nous appelons cela rougir. Penser à un acte sexuel peut produire une érection – il s’agit de pornographie. Les mains de la masseuse sur notre corps libèrent les larmes retenues toute une vie. Il n’y a pas de « biologie » et de « pensée », il y a un corps humain. Il n’y a pas de « patient » et de « médecin » il y a un intérêt, profond pour ce qui est. 

mardi 15 août 2017

Tous des vendus!

Celui, entretenu par sa femme, qui t’explique qu’il est « libre mais avec des règles »,
Celui qui clâme que s’arracher de toute relation humaine aimante afin de « réussir » un concours en donnant des « coups aux autres » produise "d’excellents médecins »,
Oh, et celui qui t’explique que bien que le pilier usuel dans le concept du mariage soit la monogamie, il soit logique de ne pas parler de l'infidélité à ce même contrat,
Pour ne pas parler de celui qui gagne sa vie « en plantant des arbres », s’en mettant plein les poches de l’aide destinée au répit de la pauvreté pour vivre lui, son agritourisme,
Ceux qui habitent seuls dans des chateaux et décrient « nous n’accueillons pas les réfugiés! Quel egoisme! »,
Et puis à ceux qui t’ « aiment » mais qui « veulent » ton cul, ton coeur, ta vie
A tous ceux qui n’ont pas l’honnêteté de dire
« C’est chaud, on est des vendus »
Pas un peu d’amour
Pour nos enfants qui regardent
Ahuris
La misère humaine
Bleuffée par le maquillage
Du plaisir et du confort
Pas assez d’amour 
Pour leur dire
Oui mes amours vos yeux voient juste
Les notres, on les a crevés
Par avidité
Par peur de vérité
Ne le faites jamais
Regardez, s'il vous plait, avec curiosité, sans voiles, sans pitié
Le vendu que vous aussi
Parfois peut être aussi, vous  serez, êtes ou avez été
Par facilité
Pour ne jamais devenir le menteur
Qui vous demande le "respect"

lundi 7 août 2017

Aimer

Aimer c’est
Tout ou
Rien
Jamais grignoté
Jamais à moitié
Consumé
Brûlé
Cendres
Avalé
Pas de médiocrité
S’il vous plait
Jamais
En mourir
En vivre
Respirer
Tout l’air de l’été
Tous les vents de tous les hivers
La torride chaleur de tous les étés
Les flammes
Puis les parfums
De la douceur
Du repos du printemps
Tout
Ou rien
Jamais
A moitié
Pas de médiocrité
Aimer

Tout entier

samedi 29 juillet 2017

We don't care about "others"


Two human beings dead...and we continue to play

No, it isn't true that we care about "others".
We simply don't.

That is our fundamental illness.

"others"
"us"
A divide
Based on what?

And this importance given to games, to winning, to excitement
For what?

14 years old, raped twice in one same night

And so selfish we are
Pleasure god above all
Our childrens' lives so hurt
By the cecity, greed and insensitivity
Of a life directed by thought

Augmented reality...is no reality at all

Because living in our thought-"augmented" realities
Is not seeing reality at all


Compassion
Is not in thought

samedi 22 juillet 2017

"Besoin" de mer?

Besoin signifie
Aujourd’hui, hier, demain
Besoin de boire, de manger, de dormir, de s'abriter
J'en meure sinon
J'en dépends, vraiment

Mais lorsque j'ai l'impression de mourir "dedans"
Je ne suis plus trop sûre de ce dont-il s'agit
Peut-être, en partie au moins, du fait que je m’ennuie dans ma vie ?
Hier, aujourd'hui...et ai peur de m'ennuyer demain? 

Il est difficile de s’ennuyer devant la mer,
Son infinité à en couper le souffle, son sable chaud où les pieds peuvent se tortiller, sa houle dansante dans laquelle on peut se perdre, la chaleur du soleil qui serre la peau dans ses bras
L’image de la mer ne devient-elle pas puissante, au fur et à mesure que la peur de mon ennui est puissante?

L'ennui, le vide d'activité plaisante? 
Me rendre compte de mon ennui, la conscience donc de mon ennui, ne va-elle pas de pair avec la peur de mon ennui, avec la volonté de faire taire cette peur, cette image de moi inutile et sans valeur, parce que sans plaisir ?

L’ennui, tout comme la solitude ne sont-ils pas liés à la peur et à la souffrance de ne pas être « heureux » et à une idée ou a des idées très précises de lieux, endroits ou personnes à travers lesquels nous pourrions être heureux ?

La mer n'est pas aimée ici
Elle est utilisée
Pour la continuité d’un plaisir pensé
Qui veut se réaliser
A travers la peur, la souffrance
De la fin psychologique du plaisir

L’écran psychologique de nos vies 
Celui que nous regardons tout le temps, celui entre nous et le monde présent
Celui qui a des images en mémoire qui apparaissent et que nous regardons
Des pensées, qui donnent des émotions
Nous regardons nos écrans tout le temps – nous n’avons pas besoin de posséder ceux de la technologie, ceux de nos têtes sont très bien nourris aussi

Notre écran, notre guide, notre maître
Sans lequel nous n'osons pas vivre
Celui auquel nous avons porté allégeance
En nous donnant une identité
Présente, futur, passée

Les images qui y défilent nous font « sentir » « comme ceci » ou « comme cela »
Une définition de « sentir » qui fait elle aussi partie des images de l’écran

Alors peut-être « je m’ennuie » veut dire
« je ne fais rien de ce que mon écran psychologique me dit pourrait me faire plaisir et je ne vois pas comment le faire»
Et « je suis seul » veut dire
« je n’ai autour de moi aucune des personnes de mon écran psychologique qui devraient me donner du plaisir maintenant et ne sais pas comment les faire apparaitre»

La dépendance aux personnages et actions de l’écran
C’est peut-être cela aussi, la morsure de la solitude et de l’ennui
Parce que peut-être que la dépendance à l’écran
Est ce qui tue la vie humaine
A petits feux

Aussi

dimanche 16 juillet 2017

Le fibrome humain

A la fin du cycle menstruel
La moitié de mon sang se vide, se déchaine
Au fil du temps, petit à petit
De plus en plus abondant, pour de plus en plus de temps
Je saigne aujourd’hui et ce progressivement, depuis au moins 10 ans

Jusqu’à l’ovulation, tous les 24 jours

Et pendant les jours de saignement
Il y a un jour, le jour de l’ouragan
Où au moins toutes les demi heures
Du jour et de la nuit
Je dois mettre la protection interne la plus épaisse
Qu’humain ai jamais conçue
Où aussi la protection externe
La plus épaisse qu’humain ait construite
Mais aucune protection durant ce jour de vent, de neige et de pluie
Ne protège des tâches de sang, habits, chaises ou autres endroits d’appuis

Tellement de sang que le corps s’affaiblit
Au début de chaque cycle je me vide de ma vie

Chirurgie ? J’ai vu le carnage qu’elle produit, les saignements inouïs, les utérus enlevés, les corps mutilés
Alors fer, et sa constipation, sa flatulence, sa nausée, son habitude
Et parfois aussi, manger les animaux, leurs doux yeux, leur prisons
Les stérilets hormonaux eux n’ont plus de place dans l’utérus cancérisé
Les hormones ajoutés tout court n'ont plus de place dans une vie qui veut regarder

Ou enfin, enfin regarder, ce qui fait de ce fibrome, mon humanité

Je l’ai imaginée, consciemment un moment, puis plus, mais jamais oubliée
Grandissant magnifique, ma petite fille cachée
Etudiante enceinte, d’un jeune homme aussi jeune que moi
Nous avons eu peur et avons arraché de moi
La vie que je sentais
La vie que toute vie voulait

Alors je t’ai pleurée
Dans la mer des sanglots du regret
Et me suis demandée
Comment la meurtrière de son enfant pouvait encore exister
En éliminant une à une toutes les raisons qui résonnaient fausses en moi
Je me suis retrouvée, avec 

La curiosité

Je n’aurai jamais pensé être celle qui avorterait
La vie m’a fait connaitre celle que je suis, non pas celle que je rêvais
Alors j’ai continué disais-je, pensais-je, par curiosité
Mais pas vraiment parce que je voulais me prouver
Que je m’étais trompée, que je savais aimer

Et lorsqu’amoureuse de l’homme qui m’aimait
Nous avons fait nos enfants adorés
J’ai voulu démontrer que je savais les aimer

Définir à l’avance ce qu’aimer voulait dire
S’est démontré faux et les yeux de mes petits
M’ont enseigné avec courage à regarder la vie
Ils ne peuvent pas m’aimer pour deux
On ne peut pas s’aimer pour deux
Je le leur dit toujours, mes amours, s’il vous plait, attention, attention, à votre biologie

Il est maintenant temps de m’aimer aussi
Parce que la petite fille, qui aurait 25 ans aujourd’hui 
Est la fuite de l’observation, est le fruit de ce que j’aurai désiré, de mon imagination
Belle et intelligente et fièrement libre
Mon enfant avorté n’était à ce moment encore que délicates cellules
Ces cellules sont parties enlevées par la peur
L’idéal est resté
Et me tue petit à petit

Feu à feu

Je ne peux pas remplir ce que je perds chaque mois
Au prix de champs de coton et de fer et de chair d’animaux
Il faut que je regarde qu’une pensée n’est pas une vie
Que l’on n’aime pas ce qui plait seulement, on aime tout aussi
Que je ne peux aimer que ce que je suis vraiment
Et découvrir chaque moment celle que je suis aujourd’hui
Et n’était pas avant

Une femme noire sur quatre nous dit-on
Vie la vie du fibrome utérin déchainé
D’autres femmes de toutes les couleurs aussi
N’ont pas encore mis la lumière de l’amour
Sur la plaie
De la maternité
Obsédée
De celle que nous aurions théoriquement ou effectivement voulu être
Regarder celle qui vit, celle qui respire, celle qui est
Avec les yeux de l'amour, de la vie
D'aujourd' hui