Friday, June 10, 2016

L' indignation comme premier pas vers une honnêté dans le système humanitaire

Le principe du travail humanitaire est précieux : celui dont les besoins vitaux (manger, boire, s’abriter etc.) sont présentement assurés, donne une partie de ses biens (en général financiers) à celui qui n’a pas, ou plus, le nécessaire pour survivre, et ce par le biais d’organisations dont le seul travail devrait être celui de s’assurer que cette aide atteigne de la manière la plus efficiente possible la personne réellement nécessiteuse.

L’efficience implique une capacité à évaluer les besoins vitaux devant être couverts, une compétence à nourrir, abriter, soigner etc. correctement et avec les moyens disponibles le plus grand nombre possible de personnes réellement dans le besoin.

En observant le faste des infrastructures et des réunions ONUsiennes ainsi que celle des grandes ONG internationales qui leur ressemblent de plus en plus, en observant la lourdeur administrative et l’importance d’alliances personnelles et politiques au sein du recrutement de leur personnel, en observant surtout la lenteur et le gaspillage de ressources financières qui caractérisent souvent la réponse humanitaire internationale, il est visible de tous que l’efficience est loin d’être la priorité du système.

Écrivant cette note de la capitale africaine de la mendicité infantile, siège régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre des agences des Nations Unies et des nombreuses et incroyablement puissantes ONG internationales dédiées depuis « des lustres » à la « protection de l’enfant », je souhaiterai tout d’abord souligner le stupéfiant manque d’indignation de la plupart des membres des organisations humanitaires à propos de l’évidente incompétence du système humanitaire.

MSF n’a pas participé cette année au Forum Humanitaire Mondial, s’épargnant ainsi l’écoute de personnes qui devant des enfants de cinq ans marqués de coups et mendiant en haillons, de jeunes hommes et femmes dans la fleur de l’âge ensevelis dans les océans migratoires, de personnes qui après le SIDA ont été terrifiées par Ebola…proposent un monde meilleur à travers « la coordination ».

Lorsque je travaillais en Guinée en appui technique à l’épidémie à virus Ebola aussi, les maitre-mots des agences étaient « coordination » ainsi que bien sûr, la sempiternelle « capacitation des compétences nationales ».

Qui est le chef ? Ou se trouve le pouvoir ? Où prend on les décisions dans les salles climatisées, loin des tas d’ordures que nous devions éliminer avec nos activités « eau, hygiène et assainissement », loin des centres de traitement Ebola qui proposaient un service à juste titre fortement questionné – et ce, souvent violemment - par les populations ?  Alors, en plus d’OCHA, les agences ONUsiennes créaient UNMEER, pour « coordonner » des agences ONUsiennes incompétentes dans leur communication sur la maladie à virus Ebola, incompétentes dans la propositions de directives techniques fondées sur des preuves, qui se désolaient sans cesse des « systèmes de santé fragiles » qu’elles avaient elles-même « appuyés » et « capacités » avec les ONG internationales, depuis plusieurs décennies.

Indignation. Qui s’est indigné de voir des centres de traitement Ebola où les suspects étaient placés à un mètre les uns des autres sans séparation physique aucune, avec une possibilité évidente d’infection au sein de ce groupe (potentielle infection des suspects négatifs par les suspects positifs)? Qui s’est indigné d’une communication techniquement incorrecte sur la maladie à virus Ebola?

Les acteurs du système humanitaire déploraient avec moult fracas des « lenteurs » là où l’incompétence était acceptée sans états d’âme, se préoccupaient de ce que ONU ou ONG ou « coordination » « voulaient » sans regarder le personnel médical en large majorité national qui mourrait ou s’épuisait, ce personnel particulièrement affecté par la maladie à virus Ebola et si peu protégé par ceux qui se précipitaient avant l’épidémie et se précipitent aujourd’hui dans les grand ateliers dédiés aux « ressources humaines en santé ».

L’indignation ne va pas de mise avec les petits sourires et polis toussotements, les grandes dents blanches des larges sourires de la diplomatie régionale, les parfums des impeccables habits venus directement du pressing en plein milieu du travail « humanitaire ».

L’indignation ne va pas de mise avec une « carrière» où le désir de continuité corrompt l’intelligence et la force que demande une vie où la recherche de la vérité prime sur la réalisation du désir de confort.

Le problème des acteurs humanitaires est éthique.

Tant que l’on ne s’indignera pas du résultat de la corruption des cœurs et des cerveaux sur la solidarité  humaine, ceux qui recherchent destinations exotiques et conversations « apaisées » dans des salles feutrées décorées de petits fours, savent où s’abreuver et discuter en toussotant gentiment, des « réformes nécessaires au système humanitaire».



Saturday, February 13, 2016

Listening to the society we created


If one watches attentively and fully to what this young worker says, one can perhaps see:

- surprise that the action being questioned can be viewed as "wrong" since

  • The action was requested by trainers as a way to become competent in one's job, i.e. in one's way to earn money 
  • Competency in the job required overcoming fear - what was proposed was to embrace the object of fear associating it with pleasure in order not to be afraid of it anymore. Fear was overcome, the worker was competent.
  • A need for sex seen as an act for oneself which usually requires consent. The job is seen as the reason for the rejection of such consent.  
  • ...yet when that act doesn't require consent anymore since the person is dead, the act becomes fully justified. Sex worked.

- The need for money as overarching concern

Now, are we still surprised? 



Wednesday, February 3, 2016

Rien à faire

Un problème est quelque chose qui nous dérange. Que nous voulons résoudre. Et qui, lorsqu’il ne trouve pas résolution, amène d’autres problèmes, tentatives vaines amoncelées sur le problème original.

Fumer est un problème pour certains. Il l’est pour ceux qui ont - ou ont peur - des dents jaunes, de l’haleine qui pue, de la bouche pâteuse et des lèvres gonflées du matin, des lèvres noircies de nicotine, du souffle raccourcit, de la difficulté à inspirer profondément, de la fatigue chronique et du sommeil agité de pensées incisives. Il est la peur du cancer que certains ont - ou ont peur  - d’avoir, de la bronchopneumopathie existante ou possible. 

Il est le constat de l’habitude qui vainc la volonté. Il est la dérision du « libre arbitre ». Il est la reconnaissance d’une économie qui occupe humains et terres pour une sensation à laquelle nous ne renonçons pas.

Renoncer. Plus que « vaincre ». Parce que, pour ceux qui ont essayé la « volonté », la « résistance »,  le « non, je ne fumera pas », cette victoire, gagnée au prix d’une guerre, en garde le parfum. Le parfum de la guerre, de la peur de la guerre. Qui fait que même en temps de paix, même lorsqu’on ne « fume plus », on se sent vulnérable à l’attaque du « pourquoi pas ? », « relâches toi deux minutes », « get a life », « respire deux minutes »…la paix de fumer. La paix de ne pas être en guerre contre soi-même.

La paix avec l’activité « fumer » ne nous aide pas, la guerre contre l’activité « fumer » nous laisse dans la peur d’y retourner. Et lorsque nous y retournons, pour quelques petites minutes, la paix de « fumer »…jusqu’à ce que la guerre ne revienne, peut-être, un jour.

Déchirés. Entre vouloir et ne pas vouloir. Entre faire et ne pas faire. Et ne pas savoir que faire de cette indécision. Face au mur du désir de plaisir qui anime nos vies.

Le plaisir de juste faire ce que l’on a envie de faire.

Qu’est ce qui nous a donc orienté vers ce plaisir si inhabituel – inhabituel dans le sens qu’il doit être connu pour y penser…à qui viendrait-il à l’esprit de mettre de l’herbe dans une feuille et d’en inspirer la fumée puis de l’expirer ?

Nous l’avons appris. De ceux qui en paix ou en guerre nous ont montré la « technique ». Et nous ont montré, par leur visage tout à coup relaxé, que la fin d’une guerre était possible, même si quelques minutes, même si elle était déclarée par une des parties belligérantes.

Alors nous avons copié. Lorsque la guerre s’installait en nous, étudier ou pas étudier, faire ce rapport ou ne pas le faire, appeler cet homme ou ne pas l’appeler, partir ou rester…lorsque la guerre s’installait et que nous ne savions quoi en faire, nous avons fumé, le « calumet de la paix ».

Il est plus simple de fumer que ce se faire masser, d’avoir un rapport sexuel, de courir ou de juste s’arrêter, semble –t-il. S’arrêter n’est pas une action – et notre pensée ne sait que nous proposer des actions. Lorsqu’elle n’en voit pas , nous vivons l’horrible « ennui » que nous fuyons, « jambes levées ».

Dans cette idée de ce que nous devrions être – fumeur ou non fumeur – que sommes nous finalement ? Nous sommes déchirés, divisés.

Peut-être que lorsqu’on ne sait pas quoi faire, il n’y a juste rien à faire.


Wednesday, January 20, 2016

Une responsabilité individuelle à un monde en guerre : lettre ouverte au continent


Des hommes, des femmes et parfois des enfants nous disent préférer de mourir aujourd’hui, pour tuer d’autres hommes, d’autres femmes et d’autres enfants, plutôt que de rester eux et ceux tués dans la terreur, en vie.

Tués dans la terreur, tous. En buvant un café, en écoutant de la musique, en prenant sa douche dans une chambre d’hôtel, en commençant une journée de travail, en participant à une manifestation sportive, en allant au marcher, en se promenant, en discutant devant une gare routière, en étudiant dans une salle de classe….nous risquons la mort parce que d’autres trouvent la nôtre insupportable – et la leur aussi, semble-t-il.

Aujourd’hui le Pakistan, quelques jours auparavant le Burkina, précédemment le Mali, le Nigéria, le Kenya et presque tout le Moyen Orient - nous ne savons même plus quand – tout dépend de ce que les médias décident de nous relater ou pas, et/ou savent ou pas – en France et auparavant en Algérie et en Tunisie, il y a quelques années aux Etat Unis ….la liste incomplète, longue, sans fin, d’une histoire humaine parsemée de violence nous rattrape dans le cœur de toutes les capitales, de tous les villages, envahis de la terreur d’une guerre, par surprise.

Il n’y a pas de grandes discussions dans cette nouvelle guerre, il n’y a pas de requêtes médiatisées – seuls les actes parlent, dans leur violence totale, dans leur dénuement total, dans leur solitude totale. Acte isolés, humains devant humains – point de drones ou de sous-marins – on se regarde de plus en plus dans les yeux quand on tue son prochain qui, s’il n’est pas mort, verra l’autre mourir.

Pourquoi vous écrire à vous, dirigeants du continent le plus pauvre, le moins « puissant » dans ce système économique que vous embrassez sans le questionner, amenant ceux qui ne sont pas encore dans la folle course de l’exploitation acharnée de la nature et des hommes, dans la folle danse du « capitalisme » où le « sauve qui peut » et « le plus puissant gagne » sont la loi ?

Nous vous écrivons en écrivant à tous ceux que vous représentez, à ce que vous dirigez, par force ou par mandat, pour rappeler à chacun d’entre nous que nous sommes tous responsables de la haine qui tue tous, aujourd’hui, hier, demain.

Vous ne représentez pas seulement ceux qui vous ont votés, ceux qui vous maintiennent au pouvoir ou ceux qui de gré ou de force vous y ont amené. Vous ne représentez pas seulement ceux qui trouvent leur vie supportable, vous ne représentez pas seulement ceux qui voyagent paisiblement, logent dans des hôtels, travaillent, consomment dans les supermarchés et dansent un peu pour oublier leur semaine, le vendredi soir. Vous représentez les désespérés qui  quittent le continent en cachette dans les soutes des avions et les cales des bateaux, ceux qui s’accrochent au rêve d’une vie meilleur en gardant nos maisons, en portant des poids ahurissants de bois ou de brique sur leur tête ou leur dos, ceux aussi qui ne trouvent aucun confort dans aucune pensée connue et espèrent une vie meilleure en dehors de cette vie.

Vous représentez ceux qui aujourd’hui désespèrent de la vie et tuent ceux qui s’y accrochent.

Qui peut aujourd’hui espérer manger à sa fin, boire à sa soif, se vêtir convenablement, se laver lorsque sale, faire ses besoins en privé, échanger dans le respect, se soigner dans la maladie, se mouvoir dans une relation aux animaux, aux plantes, à l’air, à la mer et à la terre sans constamment être dans la dynamique utilitaire et dominante qui caractérise le monde des humains d’aujourd’hui ?

A part les quelques « plus que tout » de cette planète, valorisés sur l’échelle d’un talent « supérieur à celui de tous les autres », les « stars » du système ?….

....Ceux qui ont été « à l’école » ? L’ « école » occidentale. Des années passés à apprendre une langue, puis une manière de disséquer le réel en une myriade de concepts, loin de toute terre, de toute mer, de tout animal, loin de tout ce qui fait la vie de la majorité de nos enfants – leurs souffrances, leur curiosité, leurs questions. Une imposition de « sujets » et de « thèmes », une théorie de la vie, où tout ce qui compte c’est comprendre pour transformer – transformer la nature, y compris celle de l’élève, qui ne découvre la sienne souvent qu’à 40 ans – une « crise » nous dit-on.

Qui parmi vous a exploré le sens de cette « école » ? La compétition qu’elle apprend dès le plus jeune âge du « plus ceci » et du « moins ceci » - la souffrance de n’être respecté que si l’on « est cela » ou si on le devient ? Jugé par la capacité de mémorisation et de rendu de théories totalement éloignées de la vie de chacun – éloignée de celle du professeur érigé en « exemple » pour ses connaissances, même si il méprise et harcèle souvent, frappe parfois et même viole pour certains, ses élèves ?

La course folle à l’élitisme commence à l’école où l’on décide qui sera le dirigeant, qui sera le servant, sur la base de la capacité d’ « analyse » c’est-à-dire de dissection de la réalité au sein d’un virtuel qui ne s’intéresse jamais au réel – l’oiseau posé sur la fenêtre, l’élève qui regarde son camarde avec une interrogation dans les yeux, la couleur du ciel d’aujourd’hui.

Des hommes et des femmes réfugiés dans des théories pour exploiter la vie – pas juste celle de la terre éventrée pour ses minéraux ou de la mer explosée pour ses poissons. Celle aussi du minier gagnant mille fois moins que son patron, de la dame qui nettoie payée vingt fois moins que celui qui écrit. 

Exploiter la vie, sans jamais donc, finalement, véritablement, l’aimer.

Vous nous donnez les asiatiques en exemples, qui ne semblent plus savoir quel air respirer, quel aliment non contaminé ou truqué manger, dans quelle mer trouver du poisson, sur quelle terre trouver un arbre pour s’y reposer, après avoir travaillé jour et nuit pour produire nos produits importés – les moins bons évidemment, le reste destiné à l’"occident", lui aussi pas le même partout. Les plus puissants de l' "occident" étant ceux qui découvrent une « écologie » après avoir presque tout tué et qui donnent des leçons « environnementales » à ceux qui vivent dans des déserts en se reproduisant avec la bénédiction du pouvoir qui a besoin du « nombre » - entre 5 et 8 enfants par femme.

Alors, au lieu de copier, toujours et tout, pouvons-nous enfin nous poser et regarder avec nos yeux, écouter avec nos oreilles, toucher avec nos mains, sentir avec nos nez, respecter nos cœurs, nos cerveaux et nos esprits, posant la question « que faisons-nous vraiment de nos vies » ?

Nous diviser entre « croyants » de ceci ou de cela, membre de cette terre ou de celle-là, « méchants » et « gentils » : simpliste, infantile et contreproductif, semble-il. Ceux qui ne nous écoutent plus et tuent ne sont plus dans la discussion mais semblent vivre un désespoir du présent. Et c’est en regardant tous ce présent, ce que chacun de nous est, à quel prix, avec quelle souffrance et quelle corruption, c’est avec ce sérieux que nous devrions peut-être en responsables affronter la réalité de la haine qui habite notre communauté humaine aujourd’hui.

Cette haine semble celle de ceux qui ne « surfent » pas dans un système méprisant, injuste, inéquitable, sans pitié pour les hommes et la nature de cette planète.

Ne justifiant rien ni personne il est de notre responsabilité d'observer que nous sommes tous faits de la même matière organique, que les connaissances qui justifient l’autorité des uns sur les autres ne nous ont pas seulement amené médicaments, avions et ordinateurs mais aussi armes, drogues, mélanges d’aliments cancérigènes et poisons des terres et des mers.

Les « terroristes », c’est finalement chacun d’entre nous, si nous acceptons un monde aussi pourri, où la violence et la guerre est acceptée pour certains et pas pour d’autres, où la drogue est acceptée tant qu’elle est « légale » pour celui qui en tire profit, où toute originalité est tuée, toute platitude valorisée, tant que le tout puissant désir de l’égo du plus « fort » est assouvi, en piétinant la vie de la majorité du vivant.

Et peut-être qu’en regardant tout cela avec profonde honnêteté nous reconnaîtrons une maladie chez l’humain, au sein de chaque humain. Celle du « toujours plus », celle du « jamais moins », celle d’un monde divisé entre le « il faut » et « il ne faut pas » et celle d’une profonde aversion pour ce qui « est ».

La vraie autorité de toutes les vies humaines n’est-elle pas le désir ? Et son corollaire la peur ? Notre surpopulation mondiale est-elle seulement liée à une économie et à une contraception ? N’est-elle pas aussi liée au désir sexuel et à la peur d’une solitude ? Notre désir de drogues,  n’est-il pas lié à notre désir d’évasion, et à notre peur du vivant ? Notre désir de confort n’est-il pas lié à notre peur de  souffrance ? Notre désir de pouvoir n’est –il pas lié à notre peur d’impuissance? Et au nom de ces désirs et de ces peurs, ne devenons- nous pas esclaves d’une multitude d’habitudes alimentaires, vestimentaires, relationnelles etc. qui façonnent nos vies d’une manière qui rend indispensable la production à large échelles d’une myriade de choses et tue et fait naitre une myriade de vies « utilitaires »?

L'habitude est un état mécanique faussement relationnel au sein duquel il n'y a aucun amour.

Comprendre le fonctionnement de l’humain n’est pas la responsabilité d’une poignée de personnes mais celle de chacun d’entre nous, semble-t-il, si nous voulons vraiment être là, pour tous.


Sunday, November 15, 2015

A l’aube de la CPO 21 : la contribution d’un humain



Je suis noire – pour la science une peau riche en mélanine, pour me protéger du fort soleil ; pour une maman dans une boulangerie de Paris dans les années 76, un naissance dans une poubelle, me dit-elle; puis plus tard, sur les douces plages Italiennes un « exotisme » enchanteur, m’expliquais ce jeune homme aux yeux rêveurs…
Je suis une femme – pour certains, des caractères sexuels secondaires, pour d’autres, une symbolique de l’expérience sexuelle - l’obsessions d’une grand partie des humains - pour d’autres enfin, une source de lait nourricier pour nos petits,
Je vis en « Afrique » - pour certains une île sur une planète, pour d’autres le continent de la misère, pour d’autres enfin, le soleil, la nature et l’espace
Je suis humaine – la nature me sert pour créer des choses, ces choses que je veux ou que d’autres veulent, et si je ne sais pas les créer je les achète, avec l’argent que je gagne de celles que je crée et vend. Le système « économique » est fondé sur cette production d’objets et de vente d’objets de désir, sur le dos de la nature, y compris celle humaine.
Une nature éventrée pour récolter son fer, son pétrole, son or…rasée de ses arbres pour y construire des abris en ciment, ses sols épuisés par des engrais pour produire les quantités « industrielles » de céréales, fruits, légumes que nous désirons, une nature vidée des poissons de ses mers pour produire nos confections de saumons et nos boites de sardines et de thon
Une nature humaine asservie au travail, sans lequel aujourd’hui nous mourons, ayant troqué ce que nous pouvions être avec ce que nous voulions être, ayant refusé ce que nous donnait la nature pour lui commander nos menus
Nos collaborations humaines corrompues par le « gain »

Vous nous voulez « inventeurs » - mais n’avons-nous pas assez inventé ?
Pouvons-nous éliminer en « créant » ?  Pouvons-nous éliminer les déchets de choses en créant d’autres choses? Pouvons-nous diminuer l'épuisement de la nature- y compris celle humaine - en lui apportant « plus » - de machines, de « solutions », d’ « idées » ?
Nos « idées » n’ont-elles pas validé  l’organisation en masse de la mort ? Nos enfants « gagnent » leurs « vies » en travaillant comme soldats dans des « armées » - étatiques et légales pour certains, « terroristes » pour d’autres – où leurs vies servent à tuer
Des humains habitués à tuer les moustiques du paludisme, les rats de la peste, les chiens de la rage, les moutons des méchouis, les porcs du jambon, les lottes des brochettes
Et à emprisonner pour leur loisir, les perroquets dans des cages, les chiens dans des appartements, un singe à la corde d’un arbre
Qui se tuent aussi en se suicidant
Et s’emprisonnent, au sein de structures, d’habitudes, de substances

Avons-nous aujourd’hui vraiment besoin de « plus » ou est-il temps de comprendre où nous en sommes avec toutes ces « inventions » ? De la pénicilline à la kalachnikov, de la chirurgie au pesticide, du ciment à l’électronique, de la moustiquaire à la bombe nucléaire….

….Avons-nous avec tous ces « plus » une belle vie, une vraie vie, une juste vie ?
….Avons-nous un rapport harmonieux avec la nature – la nôtre, les autres ?

Si la réponse est non, posons-nous svp et regardons peut-être avant 
D’ ajouter encore un peu plus de …nous.

Regarder qui « nous » sommes ne se limite pas à regarder nos inventions ainsi que leurs répercussions
Regarder qui nous somme signifie aussi se connaitre, s’explorer
Non pas simplement  dans le contenu des pensées qui nous animent et des sentiments qu’elles nourrissent et donc des actions qui en jaillissent
Non pas seulement les « likes » et les « don’t like » qui sont le pouvoir dans nos vies humaines
Mais bien plus profondément peut-être, sur notre pensée elle-même, en observer sa nature, sa structure
Ce qui sous-tend le « like » et le « don’t like » moteurs des actions humaines
Le mélange que nous faisons entre symbole et actualité, entre fait et représentation
Combien nous avons troqué notre biologie et ses sens, pour notre psychologie et ses sentiments
Qui nous fait « aimer » via facebook
Et tuer sans Mercie
Au moins un insecte, au moins une souris
Puis plus gros, y compris nous-mêmes
Par souffrance ou par peur de souffrir
Par désir donc de ne jamais souffrir
Une souffrance qui s’exprime en violence
Avec toujours donc de la souffrance

Alors, Mesdames et Messieurs
Laissez svp que les contributions à cette COP 21 soient 
Libres
Parce que notre système d’asservissement et d’allégeance
A la science, à la religion, à nos désirs, en un mot à la « connaissance »
S’épuise, épuise, tue et nous tue
Et que nous devons peut-être questionner
Notre absence de liberté
Qui peut être explique un peu aussi, au milieu de tant de choses, de productions, d’idées et d’inventions
Si peu
D’amour


Monday, November 9, 2015

Mais...où sont nos enseignants?

"Salut maman je sors avec mes amis"

Un jeune homme au corps fort et au sourire tendre et pressé me dit que sa vie est aujourd'hui avec d'autres. Qu'il en explore la chair dans des lieux qui ne sont pas les miens, que je ne suis pas invitée, que la vie et l'amour s'est aussi la mort et la naissance. Que grandir est beau.

"Bonjour je suis le professeur de la matière X. Mon travail cette année de m'assurer que votre fils réponde à la question 4a du bac". L'objectif cette année pour nous et vos enfants, c'est le bac.

L’objectif pour des adultes qui « enseignent » - gravent cœur et esprit – est lequel ????

J'ai vu défiler des adultes, en majorité des femmes, avec une petite voix autoritaire et un conventionnalisme déconcertant. Deux hommes montraient un plus de "personnalité" - un petit côté artiste qui se révélait dans les habits et les gestes de l'un, le côté "scientifique-absorbé-dans les airs" de l'autre.

Ah bon? l'école la plus chère du pays employait une ribambelle de professeurs pour ....une réponse au bac?????!

Mais qu'est ce que le bac? La restitution de la compréhension d'un concept  relatif à une matière donnée? Répéter ce que l'on a "appris". Et pourquoi le répéter? Pour monter que nous avons "appris"? Mais comment apprend-t-on?

Celui qui de ses mains à travaillé cette si belle table...n'a t il pas tout d'abord appris avec son ...cœur? Le "coeur", la passion... mouvant sa recherche de savoir à travers livres, personnes, observation...fouillant sans répit pour que sa vie s'exprime à travers cette table, aussi?

Ce Monsieur qui parle des mathématiques avec ses yeux...ne l'a t il pas apprise avec son ...ventre? Le ventre noué d'une passion qui se vit et se voit sans qu'aucune parole n'ai besoin d'être dite?

L'homme fou amoureux apprend-il- à connaitre sa femme en bourrant son crane de leurs souvenirs et en les lui restituant ?

Celui qui "enseigne", qui grave les esprits et les cœurs de nos enfants, peut-il se définir comme celui dont le métier est de bien faire répéter la question lambda de la matière beta à une jeune vie qui pousse et qui petit à petit apprend à marcher sur ses deux jambes dans sa vie?

Réduire l'enseignement à la transmission d'un contenu de savoir en demandant aux enfants en croissance de le répéter, a fini par infantiliser le détenteur du contenu de savoir, lui-même. Cette réduction étant  puérile, celui qui l'exprime le deviens aussi. C’est ainsi que les professeurs que je rencontre me semblent bien moins mûrs que les élèves que je côtoie.

"Si votre fils était mature il ferait ce qu'on lui dit". Ah bon? Un adulte est devenu un mouton? La prise de position la plus difficile dans une vie n'est-elle pas celle de savoir dire non, aussi....surtout?

Non, avant tout, à la corruption de nos relations entre humains?

Mon père me narrait l'histoire du berger qui expliquait être aussi un peu le mouton, qu'il avait appris à connaitre en devenant berger - en en connaissant le langage et en les ayant aimés.

Je ne parle pas du fait que nous devenons ce que nous aimons, peut-être...

Je parle du fait que celui qui se propose de diriger l'autre réduit déjà la relation immensément, lui faisant perdre toute sa raison d'être, puisqu’elle n’est plus libre et donc plus vraie. Mais si en plus la direction est celle vers une tache ridicule, tout le devient aussi.

En voulant faire des enfants des moutons, les "bergers" le sont aussi.

Lorsque mon fils franchi la porte de sa chambre, puis celle de notre demeure, il rencontre des vents, des souffles, des odeurs, des saveurs, des touchers, des sourires, des pleurs, de la saleté et de la lumière...que je ne vois pas.

Il les rencontre en marchant sur ses deux jambes, sans la béquille appelée mère, sans la béquille appelée famille, sans la béquille appelée drogue, sans béquille ....
Sans béquille que je ne puisse voir ni connaitre.

Quel adulte sait aujourd’hui vivre sans béquille ?

Un adulte n'est-il pas le rare être humain qui sait marcher sur ses deux jambes? Sans béquilles. Sans transformer ses relations en béquille. Qui vit en exprimant sa relation aux personnes, êtres, choses, vide avec lesquels il a, lorsqu'il les rencontre, une relation profonde.

Une envie de "connaitre" et un apprentissage, non pas accumulé puis restitué, mais intensément vécu parce qu'aimé.